Entreprendre et être maman
THÉMATIQUE
Techniques de base
SAISON
Été, Automne, Hiver, Printemps
TEMPS DE LECTURE
5 minutes
Aujourd’hui, j’avais envie de partager avec vous un retour d’expérience plus personnel. Celui de mon statut d’entrepreneuse en pâtisserie, et de mon rôle de maman de deux enfants.
Parce que ces deux vies, celle de cheffe d’entreprise et celle de maman, se croisent et se complètent. J’ai appris beaucoup de choses sur moi, sur mes priorités, et sur ce que signifie vraiment « concilier » les deux.
Voici donc ma petite histoire, sans filtre, avec ses doutes, ses joies, et ses ajustements.
Autour d’une table, on apprend, on pétrit, on goûte… et surtout, on partage.
Le bon timing
Quand j’ai lancé mon activité de pâtissière indépendante, je savais que les premiers mois seraient intenses. Ce que je n’avais pas vraiment anticipé, c’était être à mon compte et notre envie d’avoir un deuxième enfant.
Très vite, la question s’est imposée : est-ce le bon moment pour tomber enceinte ? D’un côté, il y avait l’envie de travailler et de développer aromate pâtisserie. De l’autre, l’envie que nos enfants soient proches, et cette intuition qu’attendre un « moment parfait » n’arrivera jamais.
Parce que le bon moment n’arrive jamais vraiment. Entre les complications possibles, le temps que cela peut prendre, les doutes, les imprévus… la grossesse, quand on est entrepreneuse, ressemble parfois à un projet dans le projet.
C’était notre choix. Mais ce choix, une fois annoncé, a parfois été accueilli avec des regards surpris, des remarques, des sous-entendus. « Tu fais tout en même temps », « Pourquoi maintenant ? »… Autant de phrases qui, sans être méchantes, m’ont parfois mis le doute.
J’avais beau savoir ce que je voulais, j’avais aussi beaucoup d’interrogations et surtout la peur de perdre tout ce que j’avais construit.
Je me suis surprise à hésiter avant d’annoncer ma grossesse. À me dire que si je n’en parlais pas, peut-être que rien ne changerait. Que je pourrais continuer comme avant. Mais cette stratégie n’était surement pas la bonne : je culpabilisais, je me mettais beaucoup de pression et je m’épuisais.
Apprendre à s’arrêter
Au départ, je ne voulais pas du tout m’arrêter. L’idée même de mettre mon activité en pause me semblait impossible. Après tout, je venais de lancer mon projet et j’étais en forme.
Sauf qu’un deuxième enfant, ce n’est pas comme un premier. Cette fois, j’avais Anatole à gérer, une activité à faire tourner, et une nouvelle arrivée à préparer.
J’ai enchaîné les commandes, les ateliers, les contenus pour le site et les réseaux sociaux. Mes proches venaient m’aider les week-ends. Un mois avant mon terme, je n’arrivait plus à tout gérer : les recettes, les planning, les mails, les courses, les rendez-vous médicaux, les besoins d’Anatole…
Je ne profitais même pas de cette grossesse. Je ne prenais pas le temps de préparer l’arrivée de ma fille, de penser à sa chambre, à ses petites affaires. J’étais dans la course permanente, dans l’urgence, dans le « il faut que ».
Et puis j’ai enfin décidé de m’arrêter un mois avant la date prévue. Ce n’était pas prévu mais c’était nécessaire. Je n’avais plus l’énergie de continuer.
Du moment où j’ai décidé d’arrêter, tout est rentré dans l’ordre. Les clients ont compris, certains m’ont même encouragée. Et moi, j’ai enfin pu respirer un peu avant l’arrivée de ce nouveau bébé.
Pour la première fois depuis des mois, je pouvais profiter de cette grossesse. Prendre le temps de m’occuper d’Anatole, de lui lire des histoires, de faire des câlins sans être pressée. Préparer l’arrivée de ma fille : plier les vêtements, ranger la chambre, choisir les petits détails.
Je pouvais enfin me reposer. Prendre un livre. Marcher doucement. Voir mes copines. Faire les choses à mon rythme, sans culpabilité. C’est si important de pouvoir vivre ça. De s’autoriser à ralentir, à profiter de ces derniers moments de grossesse.
Heureusement que j’ai pris cette décision, d’ailleurs. Ma fille est finalement arrivée 15 jours avant la date prévue.
Une vraie coupure pour mieux reprendre
Pendant mon congé maternité, j’ai fait le choix de complètement couper. Pas de commandes, pas de pression. Juste moi, ma famille, et ce nouveau rythme à quatre.
Et contre toute attente, ça m’a fait du bien. Je me sentais bien, sans l’envie de me remettre au travail trop vite, sans la peur de dire non à certaines commandes. Parce que j’étais en congé maternité, et que c’était normal. Normal de se reposer. Normal de prioriser sa famille. Normal de se donner le temps.
J’ai uniquement préparé sereinement ma reprise. Pas dans l’urgence, pas dans la précipitation. Juste en réfléchissant à tous ces changements : un deuxième enfant à s’occuper, Anatole qui fait sa rentrée à l’école, une offre à modifier légèrement pour travailler plus sereinement.
Une organisation sur mesure
Mon laboratoire étant chez moi, j’ai ce luxe de m’organiser comme je le veux. Commencer plus tôt le matin pour pouvoir m’occuper des enfants. Travailler le samedi pour me libérer du temps le mercredi avec Albanne et Anatole. Adapter mes journées en fonction des saisons, des commandes.
C’est un vrai privilège, et j’en suis consciente. Ça ne veut pas dire que tout est parfait, loin de là. Mais ça veut dire que je peux construire une activité qui me ressemble, qui respecte mes priorités, qui me permet d’être là pour mes enfants sans renoncer à ma passion.
La reprise est déjà là
Et maintenant, la reprise est déjà là. J’ouvre à nouveau mon laboratoire avec envie et motivation. Envie de vous régaler avec de nouvelles créations, de continuer à proposer des produits de saison, peu sucrés, faits avec soin. Pour continuer à faire grandir cette activité, à mon rythme, avec mes valeurs.
Place aux nouvelles créations, aux nouvelles saveurs, aux nouveaux projets. Et merci d’être là, fidèles, patients, bienveillants. Ça n’a pas de prix.
En toute simplicité
Entreprendre en pâtisserie et être maman de deux enfants, ce n’est pas toujours simple. Mais c’est possible. Avec des ajustements, des priorités, et beaucoup de bienveillance envers soi-même.
Si je devais retenir une chose de cette expérience, c’est qu’il n’y a pas de moment parfait. Il y a juste le nôtre.
INFOLETTRE
Recevez une dose régulière d’inspiration gourmande. Des recettes exclusives, des conseils pratiques, les dates des prochains ateliers et des idées pour cuisiner au rythme des saisons.